Juin
2026
Pouvoir d’achat et épargne : les Français face au mur de l'inflation géopolitique
Alors que les économies des Français sont directement affectées depuis plusieurs mois par les tensions géopolitiques mondiales, un phénomène déjà rapporté par Odoxa dans une étude du 15 avril se confirme. Dans cette dernière, on apprenait déjà que près d’un tiers des personnes interrogées assurait vouloir modifier son comportement d’épargne, afin de prioriser des placements plus sûrs et prudents.
Par ailleurs, plus de 8 Français sur 10 se disaient méfiants à l’égard de la situation économique, fiscale et sur l’épargne. Le cabinet d'études Elabe revient sur le sujet du pouvoir d’achat et le détaille.
Énergie : le budget des ménages amputé de 127 € par mois
Premièrement, l’étude Elabe vient confirmer ce qu'annonçait déjà Odoxa en avril dernier. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, 48 % des Français estiment que leurs dépenses mensuelles ont augmenté, pour un montant supplémentaire de 127 € par mois.
Mécaniquement, cela impacte le reste à vivre. En effet, une fois leurs dépenses contraintes réglées, les Français disposent en moyenne de 554 € pour couvrir le reste de leurs dépenses du mois.
- 24 % déclarent disposer de moins de 250 € ;
- 12 % entre 250 et 499 € ;
- 13 % entre 500 et 999 € ;
- 11 % 1000 € et plus.
Reste à vivre en chute libre : le spectre des découverts bancaires réguliers
Dans cette situation, 81 % des interrogés déclarent devoir se “serrer la ceinture”, un chiffre en augmentation de 4 points depuis le début de l’année 2026, dont 26 % “beaucoup” (+ 5 points) et 55 % “un peu”.
Évidemment, ce sont les catégories populaires qui sont les plus touchées. 88 % de celles-ci déclarent se serrer la ceinture, et 36 % “beaucoup”. Du côté des cadres, ces proportions sont respectivement de 68 % et 20 %.
Cette précarité a entraîné un découvert pour 30 % des Français au cours des 12 derniers mois (en augmentation de 3 points depuis janvier 2026), dont 14 % tous les mois ou presque, et 15 % à plusieurs reprises mais pas tous les mois. Alors que seuls 9 % déclarent avoir été à découvert qu’une seule fois. Le phénomène est donc structurel pour ceux qui le connaissent.
D’autant plus que, pour ceux régulièrement à découvert, le découvert survient en moyenne le 16 du mois, un jour plus tôt qu’en début d’année. Naturellement, ce sont les tranches d’âge qui concentrent les ménages avec enfants à charge qui sont le plus touchés par cette situation. Les 35-49 ans sont les plus sensibles aux découverts répétés (43 %), devant les 25-34 ans (35 %).
