Mai
2026
Investissement : l’AMF lance un plan pour réduire l’écart entre les femmes et les hommes
Les femmes investissent deux fois moins en Bourse que les hommes en France. Face à un constat qui évolue peu, l’Autorité des marchés financiers présente un plan d’action sur trois ans pour réduire l’écart.
Un écart persistant lié aux revenus et à la posture
Selon le baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’AMF, 24 % des femmes déclaraient investir en Bourse en 2025, depuis un compte-titres, un PEA, en crypto-actifs ou dans le cadre du financement participatif. Les hommes, eux, sont 45 % à le faire. Cet écart évolue peu : en 2023, elles étaient 23 % contre 42 % des hommes.
Parmi les investisseurs actifs, c’est-à-dire ceux ayant réalisé au moins une opération à l’achat ou à la vente, la part des femmes à même reculé, passant de 30 % en 2022 à 25 % en 2024. Seulement 8 % de femmes déclaraient détenir des actions cotées en 2025, contre 15 % des hommes.
Pour l’AMF, cet écart s’explique d’abord par des situations financières différentes, les femmes déclarant en moyenne des niveaux de revenus et de patrimoine financier inférieurs à ceux des hommes.
Un plan structuré en deux temps sur la période 2026-2028
Pour remédier à cet écart, l’AMF annonce le lancement, en septembre 2026, d’une nouvelle étude qualitative pour identifier plus finement les freins à l’investissement des femmes et les leviers susceptibles de les y encourager.
Les résultats de cette étude permettront de définir une stratégie d’éducation financière ciblée qui sera mise en œuvre à grande échelle en 2027. À plus court terme, l’AMF créera dans la rubrique Épargnants de son site internet un espace dédié aux femmes et à l’investissement.
Ce plan s’inscrit dans la stratégie nationale d’éducation financière 2026-2028, adoptée lors du comité stratégique réuni autour de la Banque de France et du ministère de l’Économie. La présidente de l'AMF, Marie-Anne Barbat-Layani, a qualifié cet enjeu de « majeur pour l'autonomie financière des femmes ».
Un patrimoine financier contraint qui interroge aussi sur la gestion des dettes
Les revenus plus faibles et le patrimoine inférieur des femmes est une réalité qui se traduit parfois par des marges budgétaires plus réduites que pour les hommes. Dans les foyers (notamment ceux composés de femmes seules avec ou sans enfants) qui font face à des mensualités de crédit importantes par rapport aux revenus disponibles, la priorité n’est pas d’investir en Bourse, mais de rétablir un équilibre financier.
Un rachat de crédits peut alors constituer un premier levier pour alléger les charges mensuelles et dégager du reste à vivre, en contrepartie d’un allongement de la durée de remboursement et d’une augmentation du coût total du projet.
