Mai
2026
Carburants : la consommation s’effondre face à la flambée des prix
La hausse brutale des prix à la pompe depuis le début du conflit au Moyen-Orient se traduit par une chute spectaculaire des volumes de carburants consommés en France. Les automobilistes ont fortement réduit leur usage et trouvent (ou redécouvrent) des modes alternatifs de déplacement.
Une chute historique de la consommation en avril 2026
Selon les données du Comité professionnel du pétrole (CPDP), le volume d’essence sans plomb consommé sur la deuxième décade d’avril a reculé de 14,5 % par rapport à la même période en 2025. Le gazole, carburant le plus utilisé en France, affiche une chute encore plus marquée à -18,5 % sur la même décade. Ces baisses interviennent après que les prix à la pompe ont atteint leur pic autour du 8 avril 2026, avant de légèrement décroître par la suite.
Pour mémoire, le gazole avait atteint un prix moyen hebdomadaire record de 2,188 € le litre au 31 mars 2026, un niveau jamais enregistré depuis que l’État suit ces données (1985). Il avait déjà pris 50 centimes entre le 27 février et le 31 mars, depuis le début des frappes contre l’Iran. Le prix du SP95-E10, l’essence la plus consommée en France, avait progressé dans des proportions moindres, l’Europe étant plus autonome pour le raffinage de l’essence que pour celui du gazole.
Un choc pétrolier qui pèse directement sur les ménages
Depuis le début du conflit contre l’Iran, les prix à la pompe ont atteint des niveaux records, avec des ruptures de stock apparaissant dans une partie du réseau national de stations-service dès les premières semaines. Le gouvernement a écarté la possibilité d’une aide directe généralisée aux ménages comme un bouclier tarifaire ou une baisse de TVA sur les carburants. Les automobilistes ont alors ajusté leur comportement par la contrainte : réduction des déplacements, covoiturage, recours aux transports en commun
La fiscalité aggrave la pression : en 2026, l’accise sur le gazole atteint 60,8 centimes et celle sur le SP95-E10 s’établit à 67 centimes, auxquels s’ajoute la TVA à 20 %, selon les données du ministère de l’Économie. Pour les foyers qui dépendent de leur véhicule pour se rendre au travail, en particulier dans les zones périurbaines et rurales mal desservies par les transports en commun, cette envolée des prix s’ajoute à des charges fixes parfois déjà lourdes. Dans certains cas, un rachat de crédits peut alors constituer un levier pour dégager du reste à vivre face à des dépenses contraintes en forte hausse.
